Tout savoir sur le cannabis light

Depuis quelques semaines, le terme « cannabis light » s’inscrit de façon récurrente sur le web.
La France semble rester inflexible sur le sujet mais risque de se retrouver face au mur après les nouvelles décisions des pays voisins.
De quoi s’agit-il ? Pourquoi en parle t’on autant ?
Nous faisons un point sur le cannabis light, la nouvelle version de chanvre au fort taux de CBD.

Qu’est-ce que le cannabis light ?

Jack Herer, Chernobyl, White widow, AK-47 ou encore Permafrost, etc… Voici le nom de quelques variétés de cannabis contenant pour certaines jusqu’à 20% de tétrahydrocannabinol (THC). Il s’agit de la substance permettant de « planer ». L’un des fondamentaux que recherchent les fumeurs en brûlant leur joint. Mais en quoi le cannabis light est-il différent de la variété dite classique ? Il possède tout simplement un taux de tétrahydrocannabinol (THC) inférieur à 0,2 %, tout en conservant un taux de cannabidiol (CBD) assez élevé. Au goût, les arômes sont conservés et le côté herbeux que peut développer le chanvre industriel n’est pas présent.

D’après l’OMS, le cannabidiol (CBD) ne présente aucun risque pour la santé car il ne pousse pas ni à l’abus ni à l’addiction. En consommant du cannabis light, il n’y a donc aucune dépendance physique, seul une sensation d’apaisement et des vertus anti-oxydantes. L’OMS pourrait placer la CBD sur les listes internationales des substances contrôlées. Pour l’heure, cette hypothèse est en état de réflexion jusqu’en juin prochain. Date à laquelle, elle devrait statuer sur la question. Si cette dernière refuse de l’ajouter à la liste, le CBD restera alors la propriété de l’industrie médicale, tout comme l’est le THC actuellement.

La Blue Dream est la plus connue des espèces CBD. Il s’agit d’une souche de Fedora 17. Et cette variété peut être licite en France si et seulement si son taux de THC n’excède pas 0,2%. Elle se retrouve parfois en vente dans les e-liquides, mais sous certaines conditions. Mais à quoi bon vendre un produit dit « light » si l’effet premier du cannabis est justement la notion de « planner » ?

A quoi sert le cannabis light ?

Le cannabidiol (CBD), relaxe et apaise mais ne fait pas planer. Beaucoup de personnes utilisent le cannabis light pour retrouver du réconfort ou un sentiment d’apaisement. Certains avouent même lutter contre le stress de la journée en consommant du cannabis light. L’espèce d’herbe la plus connue d’entre elles est la Blue Dream. Elle contient environ 0.163% de THC. Elle se retrouve dans certains e-liquides et permet aux fumeurs de savourer une certaine zénitude en la fumant, et ce, sans être défoncé.

Vendue sous forme de fleur de chanvre séchée, ses vertus ne sont pas du tout identiques au cannabis classique. Le chanvre CBD est parfois très controversé car suivant son exposition à la lumière, son taux de THC peut dépasser les 0.2 %. Autrement dit, sur un même pied, le THC peut varier de plus à moins 0.2% en fonction des zones de la plante.

L’OMS, après une étude sur le sujet en automne dernier, refuse de présenter le cannabis CBD comme un traitement thérapeutique. Mais parallèlement, elle refuse également de qualifier le cannabis light de drogue. Pour se dédouaner, elle délègue à chaque législateur national, le pouvoir de statuer sur la légalité ou non de ladite substance. Mais certains chercheurs et thérapeutes démentent en assurant que la plante possède d’autres vertus. Pour l’heure, l’OMS invite à réaliser plus d’études pour obtenir des preuves sur les diverses efficacités prêtées au cannabis light.

L’actualité du cannabis light

Depuis quelques semaines, le cannabis light fait parler de lui. Et pour cause : nos voisins suisses ont autorisé la commercialisation du cannabis CBD depuis mars 2017. Autrement dit, il n’est plus interdit d’acheter ni de consommer du cannabis light dans les rues helvètes.

Au sein de l’union européenne, la législation impose que le cannabis light ne contienne pas plus de 0,2 % de THC. Pour l’instant, la fleur de cannabis la plus populaire à atteindre cet objectif reste la Blue Dream. Mais les fleurs de qualité sont difficiles à obtenir. Il existe un réel problème pour attester de l’aspect qualitatif des têtes vendues sur le marché. Le consommateur est obligé d’acheter à l’aveugle en prenant la parole du vendeur comme argent comptant. Cela pose un réel problème de conscience aux autorités car le consommateur doit malgré tout être protégé.

Les suisses annoncent d’ores et déjà que le marché qu’ils ouvrent s’installe sur du long terme. Le cannabis ne semble plus vraiment être un moyen de défonce pure, mais plutôt de détente, nécessaire à de nombreuses personnes. La demande croissante ne peut qu’attester cet argument.

De la culture à la vente helvète

Il est donc désormais possible de cultiver et de vendre du cannabis légalement aux abords de nos frontières, si celui-ci contient moins de 1% de THC. Ce marché important permet de nourrir la demande suisse mais surtout, de pouvoir produire une quantité de cannabis light pour l’exportation dans toute l’Europe. Le business du CBD est donc très florissant et a tendance à accroître de façon exponentielle !

Certaines entreprises comme CBD40 ou Sweetweed ont réussi à faire un buzz incroyable. Les prix sont restés longtemps très élevés à cause d’une forte demande soudaine, d’un manque de stock mais aussi d’une taxe très importante. Cela dit, rapidement, la balance entre l’offre et la demande s’est stabilisée, permettant ainsi de faire baisser les prix d’achat. Certains producteurs ont vu leurs bénéfices fondre comme neige au soleil et ont préféré mettre la clé sous la porte. En attendant, les prix proposés par les entreprises dominantes concurrencent sévèrement ceux du marché noir. Une réussite pour les autorités, qui avaient fait de ce point leur cheval de bataille.

Quelques chiffres et informations incontournables au sujet du cannabis light en Suisse

  • Selon les médias helvètes, le marché du cannabis légal en Suisse représente quelque 83,6 millions d’euros.
  • Le prix au gramme varie entre 6 et 15 euros.
  • 25 millions d’euros émanant des 83,6 millions, vont directement dans les caisses de l’état suisse
  • Le cannabis light bio est préféré au cannabis light classique
  • Lausanne, Genève et Montreux sont les trois villes où il y a le plus de vendeurs de cannabis allégé
  • 95 % des consommateurs de cannabis light l’achètent pour le fumer
  • Le CBD est l’un des 4 cannabinoïdes les plus fréquents dans la production de chanvre
  • Dans la seule plante de cannabis, 113 cannabinoïdes différents ont pu être isolés et chacun possède des effets différents et variés.
  • Contrairement au THC qui fait « défonce » à la consommation, le CBD apaise le consommateur
  • Il existe des baumes, des tisanes, du miel et de l’huile de chanvre light
  • Il est possible d’ingérer le cannabis light en le mettant sous la langue (sous forme de gouttes), en le consommant (sous forme de thé, miel, etc.), en frictions locales (baumes, crèmes, etc.) ou en le fumant.

Les limites du cannabis light en Suisse

Mais si tout cela semble très avantageux, il faut savoir qu’il y a aussi un revers à cette médaille. En effet, il n’y avait aucune législation en vigueur pour la vente du cannabis CBD en Suisse. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle peut proposer une weed light contenant jusqu’à 1% de THC. Mais depuis 2017, il existe un « guide » pour encadrer la commercialisation et la consommation des produits CBD helvètes. Les vendeurs tout comme les fabricants, appellent les autorités à mieux cadrer le marché. En effet, pour le moment, le fort impact médiatique ne fait pas que servir la cause du chanvre CBD.

Autre problématique, sur le territoire helvète, le tabac est accessible à partir de 16 ans. Cela est également le cas pour le cannabis light. En ce sens, de nombreux parents sont très inquiets, d’autant que cette substance est également accessible dans les kiosques. Si les publicités sur le tabac sont interdites dans tous les lieux publics et dans les transports, cela n’est toutefois pas encore le cas pour le cannabis CBD.

Tous les produits dérivés du cannabis light, se fumant ou se vaporisant sont imposables. Peu importe leur forme. Cette taxe est similaire à celle du tabac, un point sur lequel se révoltent les entreprises de cannabis. En effet, l’utilisation du cannabis allégé est différente d’un client à un autre. Certains l’ingèrent, d’autres le brûlent comme un encens, ou le consomment en tisane. Les firmes sont donc très réticentes à l’idée de payer une taxe supplémentaire, même si, d’après celles-ci, 95 % de la clientèle achètent cette weed pour la fumer…

Pour l’heure, la Suisse est l’un des rares pays européens à avoir autorisé la production et la vente de cannabis light sur son territoire. Cela dit, l’Italie et la Pologne commencent à s’ouvrir sur le sujet, faisant grande ombre à la France qui reste de marbre. Cela entraîne un marché déséquilibré puisque les pays privés de ces autorisations, comme la France, l’Espagne, l’Angleterre ou encore l’Allemagne, sont extrêmement demandeurs. Ils vont donc s’approvisionner dans d’autres pays. Cette fuite financière non calculée pour le moment pourrait coûter cher à l’économie propre à chaque état.

Fumer de cannabis light dans la rue en Suisse est désormais possible. Seul problème, aucune différence tant au niveau du goût que de l’odorat ne peut être faite entre le cannabis normal et sa version hautement dosée en CBD. Ainsi, les forces de l’ordre sont en droit de demander un test au consommateur. Si le taux de THC est supérieur à 1%, ce dernier devra payer le test et pourrait écoper d’une amende. En effet, la consommation de stupéfiant (dont le cannabis à forte teneur en THC) est réprimandée par la loi.

L’ouverture de la culture et de la commercialisation du cannabis light ouvre donc un marché difficilement contrôlable grâce à des commandes sur le net. Les douanes enregistrent depuis un certain temps, une hausse de colis interceptés et détruits comme la loi l’y oblige. Mais la loi française permet toutefois la consommation de cannabis CBD si celui-ci ne dépasse pas 0,2% de THC… Ce non-sens est appelé « la zone grise ». Cet espace plutôt sombre où la loi française occupe en fait un vaste brouillard vaporeux…

Vers une diversification intelligente

Compte tenu de la forte demande, les Suisses sont en train de mener des partenariats avec des producteurs du Colorado pour l’obtention de produits dérivés. Cela aura pour but de dédiaboliser le cannabis et de l’éloigner de l’image du joint de fumette. Ainsi, avec des produits totalement dépourvus de THC (avec un taux confirmé de 0%), certains produits pourront être consommés par tous. Cela concernera des baumes, des huiles, des bonbons, des chocolats, des chewing-gums, les tisanes de têtes de chanvre, etc.

Un marché à exploiter dont les possibilités sont énormes

Les dealers d’hier sont devenus des commerçants respectables connaissant très bien le produit. La Suisse a multiplié les ventes de cannabis light par 10 en un an seulement. Entre les fleurs, les compléments alimentaires, le marché cosmétique, l’industrie vétérinaire, l’aspect apaisant, etc., le cannabis light semble avoir d’immenses débouchés. Pour autant, ce très jeune marché n’en est à qu’à ses prémices, mais il offre déjà de nombreuses opportunités. Un certain nombre de traiders se sont déjà lancés dans la production et la vente de cannabis light en Suisse. Le CA de ces entreprises ne cesse de grimper. C’est désormais au tour des supermarchés de proposer ce type de produit, au même titre que certaines pharmacies.

Si jouer sur l’aspect thérapeutique est totalement interdit, il y a de nombreuses autres façons de prôner les vertus du produit, et ce, sur les bienfaits apaisants, les alternatives aux produits classiques, notamment en cosmétique pour les véganes, etc.

Que dit la loi européenne au sujet du cannabis light ?

En matière de cannabis, comme pour un certain nombre de choses, il y a un droit propre à chaque pays et il y a la loi européenne. Le droit européen est plus souple que le droit français par exemple, car il autorise l’utilisation de plusieurs parties de la plante. La commercialisation de certains produits dérivés est également autorisée, si tant est que le taux de THC ne dépasse pas 0.2%.

En France où en est-on ?

La France possède un cadre légal plus strict que celui de l’Europe. Les producteurs de chanvre français ne peuvent utiliser que les fleurs de chanvre pour l’importation et la commercialisation. En revanche, tous les produits dont le THC dépasse les 0,2% sont interdits tant à la consommation qu’à la vente.

Mais Internet n’a pas de frontière. À ce titre, en quelques clics à peine, il est possible de commander du cannabis light dans un pays dépénalisé. Quelques jours après, il se retrouve dans la boîte aux lettres. À moins que les douanes ne soient tombées dessus et aient détruit le colis. Pour faire simple : en France, la vente et/ou la consommation de tous types de cannabis, light comme classique, sont totalement interdites. Emmanuel Macron avait même soumis l’idée de faire payer une forte amende aux détenteurs de weed, cela afin d’éviter d’engorger les prisons déjà bien remplies et de limiter l’envie des consommateurs. Pour autant, la consommation de cannabis light si le taux de THC n’excède pas 0,2% est autorisée, essentiellement lorsqu’il s’agit de joint électronique. Mais attention, les autorités veillent !

Sa position face au cannabis light met la France dans une espèce d’impasse, surtout après le revirement de situation des Suisses, dépénalisant sa commercialisation. Pourquoi ? Tout simplement parce que la France reste inflexible et qu’elle ne souhaite en aucun cas ouvrir la vente d’un tel produit sur le marché. Seuls les e-liquides sont actuellement autorisés à la vente. D’ailleurs, des milliers de points de vente d’e-liquides contenant des cannabis CBD, quadrillent l’hexagone. Mais là encore, attention : mieux vaut être averti que la publicité pour vendre ce produit doit être profondément maîtrisée.

En effet, en juillet dernier, le tribunal correctionnel de Marseille condamnait les deux responsables de Kanavape, une firme produisant et vendant du e-liquide CBD pour les cigarettes électroniques. Leur tort était tout simplement la vente de ce produit en prônant ses vertus thérapeutiques. La loi française interdit de faire un quelconque lien entre la santé et le cannabis. Le Ministère de la Santé a été averti de cette publicité par l’Ordre des pharmaciens. Ces derniers ayant demandé au Ministère de porter plainte pour maintenir son intransigeance sur ce point. Il est bon de rappeler que l’Agence du Médicament s’oppose littéralement et férocement au CBD et ce, même dans les e-liquide.

La Direction générale de la Santé a affirmé que la détention, le transport ainsi que la fabrication de cannabis et de ses dérivés (autrement dit, le cannabis light) étaient interdits. Seule une dérogation pour les e-liquides CBD pouvait être faite, si et seulement si, ceux-ci contenaient moins de 0,2% de THC. En revanche, toute la complexité d’une telle interdiction réside justement sur les produits vendus en ligne et sur ce point, le Ministère ne se prononce pas pour le moment. Le e-joint est loin d’être le bienvenu sur le territoire français. D’ailleurs, la langue de Molière rappelle qu’il n’y a pas combustion, mais inhalation, et qu’à ce sujet-là, il est impossible d’utiliser le terme « e-joint ».

D’autre part, il semblerait qu’un réel duel existe entre l’industrie pharmaceutique et le cannabis car le 28 novembre dernier, l’Agence française du Médicament avait déclaré le liquide illégal. Or, le lendemain, le Ministère de la Santé a affirmé le contraire…

Quelles sont les attentes des Français au sujet du cannabis light ?

L’achat de fleurs de chanvre est toujours prohibé en France, même si celles-ci sont en deçà du taux imposé par la loi.

Quoi qu’il en soit, la vague végane apporte un souffle nouveau à tous ces produits issus du chanvre ou du cannabis light. En effet, les produits dérivés, tels que les crèmes, les produits de beauté, les yogourts, les huiles, etc., sont très appréciés. Certaines entreprises suisses se sont déjà introduites dans la brèche en proposant des produits pour l’ingestion et non pour la fumette. Autrement dit, il est possible de trouver tout ce qui est interdit, juste en traversant la frontière.

Les Français attendent donc une ouverture de marché sur le cannabis light, leur permettant ainsi de pouvoir se procurer des produits de qualité et en toute légalité. Cela leur éviterait de consommer dans d’autres pays tout en privilégiant une consommation locale des produits du quotidien. Ces derniers attendent aussi la légalisation du cannabis dit « classique », soit contenant un taux de THC plus élevé que le cannabis light. Comme cela est déjà le cas dans certains états américains, la dépénalisation du cannabis pourrait anéantir les réseaux illicites.

Pour l’heure, les Français étant non loin de la frontière suisse peuvent se rendre dans les boutiques spécialisées pour y acheter toutes sortes de produits. La clientèle est variée. Parfois des touristes, parfois des habitués, parfois des curieux ou même des soixantuitards souhaitant retrouver le goût de la weed, sans pour autant en subir les effets planants.